LA MOTIVATION: l’élément oublié ?

 

Je me souviens d’un propos d’ Yves Coppens dans une revue scientifique. En homme de science très médiatisé il se disait optimiste quant à l’avenir de l’humanité car il lui semblait que lorsque l’homme est en difficulté ce n’est qu’au pied du mur qu’il réagit, pour au final, toujours s’en sortir.

C’est à l’aide de ce souvenir, en citant de mémoire et qui date de plusieurs années que je vais tenter dans ce tout premier billet de donner le LA à ce blog. Je ne sais pas s’il a changé d’idée depuis, en tous les cas c’était forcément avant …. la fin du monde . De son pronostic sont nées dans ma tête de simple Terrien des réflexions  et des questions qui en ont inévitablement amenées d’autres en cascade. Je résume les premières qui touchent non pas à la recherche d’un prophète, mais à la motivation. C’est dire si les pensées sont libres dans leurs itinéraires !

J’ai choisi une vision optimiste qui permet d’aborder positivement le sujet mais c’est pour mieux reconnaître l’existence d’un regard opposé; c’est à dire pessimiste. Les deux penchants ne pouvant être l’un sans l’autre ou plus précisément si l’un existait seul, nous n’aurions plus besoin de le nommer ni d’en parler.

Ici c’est un paléoanthropologue qui répond et s’il est interrogé sur ce sujet c’est qu’on considère son avis d’expert de l’évolution d’Homo sapiens, bien éclairé. Je ne peux bien sûr pas en juger par moi-même et c’est d’ailleurs bien pour cela que personne ne me demande mon avis; mais une approche indirecte autorise une oreille critique. En effet si de son côté Coppens n’est pas seul à ne pas trop s’inquiéter, on trouvera facilement d’autres savants tout aussi avisés et en nombre croissant à penser le contraire. Reste alors à savoir lesquels voient juste ou est-il possible qu’ils aient tous raison ou peut-être tous tort ?  A défaut d’une réponse instantanée  une autre interrogation surgit : quel est l’impact sur notre envie d’agir ?

Il est légitime de se demander en toute candeur, si l’optimisme exprimé est de nature à nous encourager dans la voie de l’action ou si plus enclins à la facilité voire à la paresse nous ne nous en remettrions pas plutôt à la résolution quasi automatique du problème. On peut facilement entendre dans cette rassurante idée que d’autres, dont ce serait le métier, se chargeront bien des secours.

Quant aux pessimistes, ils voudront d’abord estimer ce qu’il reste à sauver puis devront creuser profond pour trouver la motivation à ce sauvetage, un peu comme des compétiteurs qui au fil des épreuves dont ils ne connaissent pas le nombre verraient la taille du trophée se réduire.

Le débat du « s’en sortira / s’en sortira pas » ne fait évidemment rien avancer par lui-même mais n’est pas neutre. Il pèse un peu plus lourd du côté découragement, fatalisme et abandon.

Par ailleurs on nous dit qu’il y a urgence et la nécessité d’un effort colossal pour les pays les plus riches; pas de quoi alléger ce plateau de la balance ! Je vois une similitude avec la lutte du fumeur qui souhaite arrêter le tabac. Il aura beau voir en image la couleur de ses poumons et connaître ses chances de victoire, il ne réussira que si sa volonté activée par le désir d’une autre vie, n’est pas elle-même enfumée. Pour lui l’ennemi c’est l’accoutumance, il est chimique. L’espèce humaine face aux addictions qui la menacent toute entière est semblable. Il y a cependant une énorme différence; les adversaires, ceux qui nous poussent à l’agression de notre environnement étaient au départ nos alliés. La faim, la soif, les désirs, les rêves; des pulsions de vie qui se seraient retournées contre nous comme autant de moteurs qui se seraient emballés.

 

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